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ECTRIMS 2019 Stockholm, suite

Les études sur la remyélinisation qui constitue l’un des objectifs essentiels de la recherche actuelle :
 
 
Grâce à l’utilisation du carbone14, il est possible de dater les oligodendrocytes. Ainsi, il apparait que le nombre d’oligodendrocytes dans la substance blanche est fixé dans l’enfance, que très peu d’entre eux sont renouvelés après l’âge de 5 ans et que ceux présents dans les plaques de remyélinisation sont âgés. Ces résultats demandent à être approfondis.
 
Une autre étude a montré que les lésions n’étaient pas le site de la remyélinisation, suggérant des mécanismes spécifiques qui restent à déterminer.
 
Quant à la microglie, « macrophages » du système nerveux central, elle pourrait via ses interactions avec les oligodendrocytes, intervenir dans la remyélinisation. En effet, durant la phase de démyélinisation, les contacts entre la microglie et les nœuds de Ranvier sont moins « stables » chez les personnes contrôles (c'est à dire non atteintes de SEP), suggérant une altération de cette interaction. Chez les personnes atteintes de SEP, cette interaction est augmentée lors de la remyélinisation comparativement aux témoins.
 
Il existe un gradient périventriculaire de remyélinisation. Ce processus de remyélinisation est d’autant plus efficace dans les lésions périventriculaires qu’il est associé à la préservation du volume de la substance grise où se situent les axones.
 
Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle important dans le développement du système nerveux central notamment en favorisant la myélinisation. Elles favorisent la différenciation des oligodendrocytes en cellules matures, induisent de nombreux gènes spécifiques des oligodendrocytes et aident à diminuer le stress oxydatif. Dans un essai clinique utilisant un dérivé de l’hormone thyroïdienne, les chercheurs ont pu montrer une bonne tolérance de la molécule ainsi qu’un impact possible sur les fonctions cognitives et la fatigue chez les personnes atteintes de la forme rémittente de SEP. Cependant, le nombre de personnes incluses à ce jour dans l’essai ne permettent pas de conclure d’un point de vue clinique et d’un point de vue fonctionnel sur la remyélinisation.
 
Les facteurs qui influencent l’évolution de la maladie à long terme. Rappelons que la SEP varie en fonction des facteurs génétiques, environnementaux, de l’âge, du sexe et probablement du niveau socio-économique. Mais qu’en est-il exactement des autres maladies présentes en même temps que la SEP et appelées comorbidités ? Le risque des maladies comme la dépression, l’anxiété, les troubles cardiaques, l’hypertension, le diabète, la migraine… augmente avec l’âge et ceci indépendamment de la SEP. La conséquence de cet état de fait est que les nouveaux symptômes peuvent être associés de façon erronée à la SEP ou à l’autre maladie, retardant ainsi la prise en charge voire le diagnostic. Les études présentées ont montré que les comorbidités présentes au moment du diagnostic augmentaient la sévérité de la SEP, et, certaines comorbidités, comme la migraine, augmentent le risque de poussées, alors que les troubles psychiatriques et vasculaires sont associés à une progression de la maladie. De même, plus la personne atteinte de SEP présente des comorbidités, plus le risque de progression de la maladie est important. Le diabète et l’hypertension semblent ralentir la vitesse de marche. Quant à la dépression, elle augmente les troubles cognitifs, telles que la vitesse de traitement de l’information, l’attention, les fonctions exécutives et la mémoire de travail. L’anxiété n’aurait d’impact que sur la vitesse de traitement de l’information. En conclusion, il est donc important de rechercher les autres pathologies éventuellement présentes afin d’améliorer et d’adapter la prise en charge des personnes atteintes de SEP.

Les critères pronostics qui permettraient d’identifier les personnes ayant fait un « syndrome radiologiquement isolé » (RIS) et évoluant vers une SEP. Ce point est très important pour initier une prise en charge précoce. Les études de suivi ont montré que 51% des « syndromes radiologiquement isolés » devenaient des SEP confirmées. Les facteurs pronostics sont l’âge au diagnostic, la présence de bandes oligo-clonales dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) et une localisation des lésions dans des zones spécifiques du cerveau et de la moelle. La présence de plusieurs de ces facteurs augmente le risque de conversion en SEP. Ces résultats soulignent l’importance de suivre les personnes ayant fait un « syndrome radiologiquement isolé » afin de leur proposer une prise adaptée.

Les Neuromyélites optiques « NMOSD ». Cette maladie a longtemps été « assimilée » à une SEP. Or, elle présente des caractéristiques cliniques et radiologiques différentes. La principale différence réside dans la présence de marqueurs sanguins de diagnostic chez les personnes ayant une NMOSD. Des anticorps dirigés contre l’aquaporine-4 (AQP4) sont présents chez 75% des patients. L’autre anticorps retrouvé dans 0.4% des personnes atteintes de NMOSD est celui dirigé contre la « Myelin Oligodendrocyte Glycoprotein », MOG. Cependant, ces 2 anticorps sont rarement présents ensemble chez une même personne. Celui dirigé contre la MOG est plus souvent retrouvé chez les enfants qui débutent la maladie avant 10 ans. Il semblerait que des différences cliniques, radiologiques et thérapeutiques existent entre les personnes ayant des anticorps dirigés contre l’AQP4 et celles ayant des anticorps dirigés contre la MOG.
Concernant l’épidémiologie, la « NMOSD » touche 1 personne sur 100 000 dans le monde. Le risque de la développer est plus important dans les populations asiatiques, chez les personnes âgées de plus de 35 ans et chez les femmes avec un sexe-ratio qui varie de 1 sur 3 à 1 sur 9 selon les régions du globe.
Dans 84% des cas, les patients présentent une névrite optique ou une myélite transverse. Le début de la maladie est toujours sous forme rémittente et son évolution est principalement sous forme de poussées qui se manifestent par une perte de la vue, une faiblesse très importante, des troubles moteurs et de la sensibilité, une atteinte de la mobilité, des troubles vésico-sphinctériens et une atteinte respiratoire. Les poussées sont plus sévères que dans la SEP et la récupération se fait moins bien.
Le traitement des poussées est similaire à celui donné dans la SEP. En revanche, les traitements de fond sont différents. Seul le Rituximab est similaire. Actuellement, 3 traitements sont en essai clinique, l’ecluzimab, le satralizumab et l’inebilizumab. Les 1ers résultats montrent que l’eculizumab, injection en intra-veineuse toutes les 2 semaines, a montré une efficacité mais les effets secondaires sont importants.

Dernière mise à jour : 19/01/2021
Appelée SEP ou multiple sclerosis en anglais, la sclérose en plaques est une maladie neurologique qui détruit la gaine de myéline. Qu’elle soit de forme rémittente (à poussées) ou de forme progressive, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de cette affection. La Fondation ARSEP œuvre depuis 1969 avec ses bénévoles, aux côtés des facultés, de l’INSERM, du CNRS et de différents instituts de recherche médicale, dont l’ICM et Pasteur.