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ETUDE : Troubles du spectre des neuromyélites optiques

Satralizumab : essai clinique dans les troubles du spectre des Neuromyélites Optiques (NMOSD)

Le spectre des Neuromyélites optiques (NMOSD) est une maladie auto-immune du système nerveux central, associée à la présence d’auto-anticorps dirigés contre l’aquaporine-4 (AQP4-IgG) chez environ les deux tiers des personnes atteintes de NMOSD (maladie apparentée à la SEP). L'interleukine-6 ​​est impliquée dans la maladie. Le satralizumab est un anticorps monoclonal humanisé ciblant le récepteur de l'interleukine-6 et administré par voie sous-cutanée.

Dans une étude de phase 3, randomisée, en double aveugle, contrôlée contre placebo, 83 personnes atteintes de NMOSD présentant ou non des anticorps dirigés contre l’aquaporine-4 ont été répartis en 2 groupes : 41 recevaient du satralizumab à une dose de 120 mg et 42 recevaient un placebo chacun aux semaines 0, 2, 4 puis toutes les 4 semaines sur une durée moyenne de 107 semaines. Au satralizumab s’ajoutait le traitement immunosuppresseur. Le critère d'évaluation principal était la survenue de la première poussée. Les principaux critères d'évaluation secondaires étaient les variations du score de douleur et de la fatigue. La sécurité du médicament a également été évaluée.

A l’issu de l’essai, 8 personnes recevant le satralizumab (20%) ont fait une poussée contrairement à 18 personnes recevant un placebo (43%). Parmi 55 personnes ayant des anticorps dirigés contre l’aquaporine-4, une poussée est survenue chez 11% de ceux recevant le satralizumab contre 43% de ceux recevant le placebo. Parmi les 28 personnes n’ayant pas d’anticorps dirigés contre l’aquaporine-4, une poussée est survenue chez 36% des personnes du groupe satralizumab et chez 43% des personnes du groupe placebo. En revanche, aucune différence n’a été observée sur la douleur et la fatigue entre les 2 groupes. Les taux d'événements indésirables graves et d'infections ne différaient pas entre les groupes.

En conclusion, le satralizumab ajouté au traitement immunosuppresseur entraine une baisse du risque de poussées chez les personnes atteintes de NMOSD. Cependant, l’effectif de reste faible et ses résultats doivent être vérifiés à plus grande échelle.

 

Yamamura T. et collaborateurs, Etude internationale. N. Eng. J. Med., Novembre 2019

Dernière mise à jour : 20/10/2020
Appelée SEP ou multiple sclerosis en anglais, la sclérose en plaques est une maladie neurologique qui détruit la gaine de myéline. Qu’elle soit de forme rémittente (à poussées) ou de forme progressive, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de cette affection. La Fondation ARSEP œuvre depuis 1969 avec ses bénévoles, aux côtés des facultés, de l’INSERM, du CNRS et de différents instituts de recherche médicale, dont l’ICM et Pasteur.