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Rôle neuroprotecteur de la phénytoïne

16/06/2016

Phénytoïne comme neuroprotecteur chez les patients porteurs d'une neuropathie optique : une étude contre placebo de phase II.

La phénytoïne est un antiépileptique. Elle module, entre autre, les canaux sodiques voltage-dépendants des neurones. Les neuropathies optiques, une caractéristique commune dans la sclérose en plaques (SEP), peut endommager la vision à travers la neurodégénérescence dans le nerf optique et dans ses fibres rétiniennes. L’inhibition des canaux sodiques voltage-dépendants a été montré neuroprotecteur dans des modèles précliniques. Dans cette étude, les chercheurs ont voulu déterminer si l'inhibition de canal de sodium avec la phénytoïne était neuroprotecteur chez le patient ayant une névrite optique aiguë.

Dans cette étude de phase II, en double aveugle contre placebo, les auteurs ont inclus 81 patients porteurs d'une névrite optique (NO) datant de moins de deux semaines et dont l'acuité visuelle initiale était <6/9. Ces 81 patients ont été répartis en 2 groupes selon un diagnostic antérieur de SEP, les traitements de fond utilisés et la prise de corticoïdes. Pendant trois mois un groupe reçu le placébo (n=42) et l’autre groupe reçu la phénytoïne (n=39).
Le critère principal de d’évaluation était l'épaisseur de la couche des fibres nerveuses rétiniennes de l’œil affecté à six mois, ajustée pour l'épaisseur à l'oeil non affecté. L'épaisseur moyenne de la couche des fibres nerveuses rétiniennes de l’œil affecté montrait une réduction de 30% de la perte d'épaisseur pour le groupe phénytoïne comparé au groupe placebo.
Le traitement était bien toléré, 5 des 39 patients (12%) ont présenté un effet indésirable grave dans le groupe phénytoïne contre 2 des 42 patients (5%) du groupe placebo. 

En conclusion, ces résultats sont en faveur du rôle neuroprotecteur de la phénytoïne, chez les personnes ayant une neuropathie optique, et utilisée à une concentration qui bloque les canaux sodiques voltage dépendants. Néanmoins, des essais cliniques à plus grande envergure devront être réalisés.

Raftopoulos R et collaborateurs, Royaume-Uni.
Lancet Neurolology, Mars 2016
Dernière mise à jour : 26/11/2020
Appelée SEP ou multiple sclerosis en anglais, la sclérose en plaques est une maladie neurologique qui détruit la gaine de myéline. Qu’elle soit de forme rémittente (à poussées) ou de forme progressive, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de cette affection. La Fondation ARSEP œuvre depuis 1969 avec ses bénévoles, aux côtés des facultés, de l’INSERM, du CNRS et de différents instituts de recherche médicale, dont l’ICM et Pasteur.