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Etude : troubles cognitifs dans la SEP

Troubles cognitifs dans la sclérose en plaques

Plusieurs études se sont intéressées aux troubles cognitifs. Existe-t-il des indicateurs d’aggravation ? Des traitements efficaces ou des approches de rééducation pour les améliorer ou les ralentir ?

La première étude, menée chez 278 personnes présentant un syndrome clinique isolé, sous traitement interféron et suivies pendant 11 ans, a montré qu’un faible taux de Vitamine D et une poursuite de la cigarette après le début de la maladie étaient des facteurs aggravant des troubles cognitifs.

La seconde étude a quant à elle été menée chez 1 651 personnes présentant une forme secondairement progressive et traitées par le siponimod. Elle a mis en évidence que ce traitement était significativement bénéfique sur les troubles cognitifs comparativement aux personnes non traitées.
Ces résultats ont été confortés par la troisième étude qui s’est intéressée à l’impact de l’ensemble des traitements de fond sur les troubles cognitifs. Pour cela, les auteurs ont analysé l’ensemble des publications où les troubles cognitifs avaient été évalués lors des essais cliniques avec les traitements de fond. La méta-analyse comprenant 41 études et 7 131 personnes atteintes de SEP rémittente a révélé un effet positif (faible à modéré) sur les performances cognitives des traitements de fond en général, mais aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les traitements.

La quatrième étude s’est quant à elle intéressée à la méditation pleine conscience. Les auteurs ont comparé cette approche réalisée sur 4 semaines avec un entraînement cognitif informatisé adapté et une absence de prise en charge spécifique. Bien que l’effectif soit petit (60 personnes pour les 3 approches), la méditation pleine conscience a montré un effet positif sur la vitesse de traitement de l’information.

Enfin, une cinquième étude, française, concernait l’analyse de l’efficacité d’un programme de rééducation (13 séances de groupe sur 6 mois incluant des conseils psychoéducatifs et des exercices cognitifs). Ce programme de rééducation était comparé à une absence de rééducation (aucun exercice cognitif, aucun conseil pour la cognition). L’étude a inclus 101 personnes atteintes de SEP âgées de 18 à 60 ans (âge moyen 46 ans) et avec un score de handicap inférieur ou égal à 6. Parmi ces 101 personnes, 77% étaient des femmes et la durée de la maladie était en moyenne de 11.8 ans. Les résultats suggèrent que ce programme pourrait améliorer les capacités d'apprentissage verbal et la mémoire de travail chez les personnes atteintes de sclérose en plaques. Il serait donc intéressant de l’élargir à un plus grand effectif.

En conclusion, ces différentes études montrent que les problèmes cognitifs sont de plus en plus pris en compte dans la prise en charge des personnes atteintes de SEP et qu’il est possible d’en limiter les impacts de différentes manières.

M Cortese et collaborateurs, International. Neurology, Mai 2020. R HB Benedict et collaborateurs, International. Neurolofy, Janvier 2021. N C Landmeyer et collaborateurs, Allemagne. Neurology, Juin 2020. H R Manglani et collaborateurs, Etats-Unis. Neuropsychology, Juillet 2020. H Brissart et collaborateurs, France. Clinical Rehabilitation, Juin 2020

 

Dernière mise à jour : 15/04/2021
Appelée SEP ou multiple sclerosis en anglais, la sclérose en plaques est une maladie neurologique qui détruit la gaine de myéline. Qu’elle soit de forme rémittente (à poussées) ou de forme progressive, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de cette affection. La Fondation ARSEP œuvre depuis 1969 avec ses bénévoles, aux côtés des facultés, de l’INSERM, du CNRS et de différents instituts de recherche médicale, dont l’ICM et Pasteur.