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Etudes : 1- cure de natalizumab / 2- traitements pour la fatigue

Allongement de l’intervalle entre 2 cures de natalizumab

L’objectif de cette étude était de déterminer si le natalizumab (Tysabri®) conservait son efficacité lorsque l’intervalle entre 2 cures était augmenté chez les personnes atteintes de sclérose en plaques rémittente (SEP-RR).

L’essai multicentrique à un seul bras s’est déroulé sur un an, suivi d’une phase d'extension d'un an. Les participants étaient des personnes adultes atteintes de sclérose en plaques rémittente et traitées par natalizumab sans activité de la maladie au cours de l'année précédant l’inclusion dans l’essai.
Les patients avaient 3 examens IRM par mois ainsi qu’une évaluation des poussées et du score de handicap (EDSS) pendant le suivi. Le critère d'évaluation principal était la survenue de lésions rehaussées par le gadolinium à l'IRM. Les critères d'évaluation secondaires étaient les nouvelles lésions T2 à l'IRM ainsi que les poussées et la progression du handicap pendant la phase de suivi et d'extension.
Soixante et un patients ont été inclus : 84% d’entre eux sont passés d'un intervalle de 4 semaines entre 2 cures à un intervalle de 5 à 7 semaines. Aucun patient n'a développé de lésions rehaussées par le gadolinium ni aucune nouvelle lésion T2, ni de poussées au cours du suivi.
Le score de handicap était comparable à l’inclusion et après le suivi.

Les auteurs concluent que l’augmentation de l’intervalle entre 2 cures de natalizumab n'a pas induit une augmentation de l'activité de la maladie. L'efficacité du natalizumab a été maintenue chez les patients stables atteints de SEP-RR recevant une posologie à intervalle prolongé de natalizumab.

ZLE van Kempen et collaborateurs, Hollande, Royaume-Uni, Allemagne. Neurology, Aout 2020

 


 

Innocuité et efficacité de l'amantadine, du modafinil et du méthylphénidate pour la fatigue dans la SEP

Le méthylphénidate, le modafinil et l'amantadine sont des médicaments couramment prescrits pour soulager la fatigue dans la sclérose en plaques. Mais les preuves de leur efficacité sont rares et contradictoires. L’objectif de cette étude était donc de comparer l'efficacité de ces 3 médicaments entre eux et avec un placebo chez des personnes présentant une grande fatigue liée à la SEP.

141 personnes atteintes de sclérose en plaques ayant un score élevé sur l’échelle de la fatigue ont été incluses dans cet essai randomisé, contrôlé par placebo et réalisé dans 2 centres universitaires de SEP aux États-Unis.
Les participants ont reçu de l'amantadine par voie orale (jusqu'à 100 mg, 2 fois par jour), du modafinil (jusqu'à 100 mg, 2 fois par jour), du méthylphénidate (jusqu'à 10 mg, 2 fois par jour) ou un placebo, chacun étant administré pendant 6 semaines.
Tous les patients ont reçu les 4 médicaments de l'étude, tour à tour, avec des périodes de sevrage de 2 semaines entre chaque médicament. Le critère de jugement principal était le score de fatigue.

L'analyse statistique montre que l’amantadine, le modafinil et le méthylphénidate n'ont pas été supérieurs au placebo pour améliorer la fatigue liée à la SEP et qu’ils ont provoqué plus d’événements indésirables (dont 3 graves).

Les auteurs concluent que les résultats de cette étude ne soutiennent pas une utilisation de l'amantadine, du modafinil ou du méthylphénidate pour le traitement de la fatigue dans la sclérose en plaques.

B Nourbakhsh et collaborateurs, Etats-Unis. Lancet Neurol, Janvier 2021

Dernière mise à jour : 26/10/2021
Appelée SEP ou multiple sclerosis en anglais, la sclérose en plaques est une maladie neurologique qui détruit la gaine de myéline. Qu’elle soit de forme rémittente (à poussées) ou de forme progressive, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de cette affection. La Fondation ARSEP œuvre depuis 1969 avec ses bénévoles, aux côtés des facultés, de l’INSERM, du CNRS et de différents instituts de recherche médicale, dont l’ICM et Pasteur.