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Etude : Médecines complémentaires et alternatives dans la SEP

Les personnes atteintes de SEP utilisent couramment des médecines complémentaires et alternatives pour traiter leur maladie ou les symptômes associés. Ces médecines comprennent des facteurs modifiables, comme le régime alimentaire, l'exercice physique, les taux de vitamine D, l'exposition au soleil, le sevrage tabagique ou le traitement de pathologies associées.

A travers cet article, les auteurs ont souhaité faire un bilan sur les études cliniques publiées dans la presse scientifique et médicale et testant les médecines complémentaires et alternatives, afin de déterminer l’impact réel de ces thérapies. Pour cela, ils ont recherché les articles publiés entre Janvier 2001 et Janvier 2018 qui répondaient aux critères rigoureux des essais cliniques, à savoir : un nombre suffisant de personnes atteintes de SEP, un groupe témoin avec une répartition aléatoire des malades entre le groupe test et le groupe contrôle, les indications cliniques, biologiques, d’IRM et de traitement pour les participants et les critères évalués.

Plusieurs études montrent que 37% à 100% des personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP) ont déjà utilisé ces thérapies, qu’elles associent généralement à leur traitement de fond, souvent sans l’avis de leur neurologue ou de leur médecin généraliste.

Les régimes alimentaires, comme ceux riches en acides gras polyinsaturés ou sans gluten font partie des médecines complémentaires et alternatives souvent plébiscitées dans la SEP. Comme la prévalence de la SEP est plus élevée dans les régions à régime riche en graisses saturées et faible dans les régions à régime riche en acides gras polyinsaturés, il a été suggéré que les graisses saturées pourraient affecter négativement les personnes atteintes de SEP et que les acides gras polyinsaturés pourraient être protecteurs voir thérapeutiques. Les études suggèrent que la supplémentation en acides gras polyinsaturés suggère que l’huile d’olive pourrait avoir un impact positif sur le taux de poussées, alors qu’un apport en oméga-3 n’a aucun effet sur l’invalidité.

La vitamine D est souvent suggérée comme une thérapie, car il existe de fortes associations entre la latitude, l'exposition à la lumière solaire et la prévalence et l'incidence de la SEP, conduisant à suggérer qu’une supplémentation en vitamine D pourrait atténuer l'évolution de la maladie. Les études suggèrent que la supplémentation en vitamine D, bien tolérée, ne semble avoir aucun effet sur le taux annualisé de poussées, la force de préhension, la fatigue, l’invalidité. Il semblerait cependant, que la Vitamine D prise en tant que traitement complémentaire à l'interféron bêta, réduirait significativement le nombre de lésions IRM.

Concernant le cannabis, 5 études ont révélé que l'extrait de cannabis (Sativex), pouvait améliorer significativement l'incontinence, la douleur, la spasticité et de la raideur musculaire par rapport au placebo. Cependant, 2 autres études n’ont montré aucun effet, notamment sur la spasticité. Deux études ont évalué l'impact de l'extrait de tétrahydrocannabinol (THC) sur la SEP qui, administré par voie orale, améliorait l'incontinence mais n’avait aucun effet sur la spasticité. Seulement, 4 études ont évalué l'innocuité et/ou la tolérance de l'extrait de cannabis ou du traitement au THC et rapportent des effets indésirables limités.

La biotine à haute dose (MD1003) réduirait la progression du handicap et améliorerait l'impression clinique de changement chez les personnes atteintes de SEP progressive par rapport au placebo. Il a également entraîné une inversion durable de l'invalidité chez 12,6% des personnes traitées, ce qui était significativement plus que le groupe contrôle.

L'extrait de Ginkgo n'a pas d'effet significatif sur la fonction cognitive par rapport à un placebo, mais il est bien toléré.

L'activité physique augmenterait significativement la vitesse de marche, l'endurance musculaire, la force et la mobilité. Il semblerait cependant que l’exercice aérobique n’ait pas d’impact sur l'attention. Par ailleurs, l'entraînement en groupe serait plus bénéfique, y compris pour l'équilibre, la vitesse de marche, la fatigue et les composantes physiques et psychologiques.

Les approches novatrices de formation à l'équilibre et à la marche suggèrent que l'entraînement à l'équilibre d'intégration sensorielle et l'entraînement assisté par robot améliorent significativement l'équilibre, l'endurance à la marche et la fatigue.

La pratique du yoga n’aurait aucun effet sur l'attention et la vigilance mais aurait un impact sur la fatigue et sa composante psychologique.

La thérapie cognitivo- comportementale, qui se concentre sur le développement de stratégies d'adaptation, semble améliorer la qualité de vie et la fatigue, diminue l’anxiété, la dépression et la détresse. Il semblerait qu’elle soit plus efficace que la relaxation pour le traitement de la fatigue.

Les interventions basées sur la pleine conscience semblent améliorer la qualité de vie, la fatigue et la dépression.

La réadaptation cognitive assistée par ordinateur permettrait, quant à elle, d’améliorer les stratégies compensatoires.

Les techniques de relaxation combinées aux techniques de gestion du stress (respiration de relaxation et exercices progressifs de relaxation musculaire) réduiraient significativement le stress et la dépression. La relaxation seule améliorait significativement la douleur. Cependant, ces effets ne sont pas prolongés après l’arrêt.

La réflexologie, application spécifique d’une pression sur les pieds et les mains, améliorerait l'intensité de la douleur. Cependant, cet effet avait disparu 2 mois après.

L'acupression (ou acupuncture par pression), qui stimule les points d'acupuncture, mais n'utilise pas d'aiguilles, réduit la fatigue.

Toutes les approches de médecine complémentaire et alternative n’ont pas été étudiées dans cet article, notamment le sevrage tabagique, l'exposition au soleil et le traitement des pathologies associées proposées comme des thérapies potentielles. Par ailleurs, les études d'efficacité des traitements de médecine complémentaire et alternative présentent des défis importants, alors qu’il existe peu de preuve de leur effet dans la littérature. Les travaux futurs dans ce domaine devraient aboutir à un consensus sur les méthodologies d'étude et les résultats principaux.

Clafin SB et collaborateurs, Australie - J Neurol Neurosurg Psychiatry. Janvier 2018

 

Dernière mise à jour : 16/02/2018
Appelée SEP ou multiple sclerosis en anglais, la sclérose en plaques est une maladie neurologique qui détruit la gaine de myéline. Qu’elle soit de forme rémittente (à poussées) ou de forme progressive, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de cette affection. La Fondation ARSEP œuvre depuis 1969 avec ses bénévoles, aux côtés des facultés, de l’INSERM, du CNRS et de différents instituts de recherche médicale, dont l’ICM et Pasteur.